24 octobre 2017

La voiture sans chauffeur… et les nouveaux contenus touristiques

Pierre Eloy publiait lundi sur le blog etourisme.info un superbe article de prospective sur la voiture sans chauffeur. Les actualités s’enchaînent à une cadence infernale depuis quelques semaines sur les transports individuels et l’automatisation automobile, il était grand temps de faire un point !

Sans vouloir plagier l’article original, on peut résumer l’évolution du paysage en deux points :

  1. L’émergence des technologies mobiles et des la géolocalisation de masse pousse a totalement repenser le modèle de service autour du transport individuel. C’est toute la problématique d’Uber qui, grâce à ses applications a remis en cause le modèle classique d’obtention de clientèles des taxis. Le pick-up des services de transport individuel se personnalise et les stations de taxi sont peut-être vouées à disparaître.
  2. La voiture automatisée, sans chauffeur, arrivera bientôt. C’est un fait établi puisqu’à la fois Google et Uber travaillent sur différents modèles de série et plusieurs états américains ou pays américains ont donné leur accord pour la mise en circulation de tels véhicules. Pas de doute sur l’émergence de ce nouveau moyen de transport à 5 ans. Carlos Ghosn prévoyait hier, comme Bill Gates une semaine auparavant, la disparition des taxis à terme.

Voilà en gros l’état actuel de la prospective sur les transports individuels. A côté de ces évolutions technologiques, il est intéressant également d’observer les mouvements opérés par les grands acteurs du secteur autour de la cartographie : Uber a racheté la semaine dernière la division cartographie de Microsoft et Google avait fait l’acquisition de la start-up israélienne Waze l’année dernière. Une cartographie précise reste la clé de voûte de l’applicatif de transport, que l’on parle d’un OS embarqué dans les automobiles ou d’un « simple » service de co-voiturage.

Waze on iPhone 5
Une dernière veille pour la route : Google a annoncé hier tester des solutions de co-voiturage domicile-travail sur base de l’application Waze. Cette disruption là est pour BlaBlaCar, et on peut imaginer que la combinaison de ces calculs d’itinéraires fréquents avec l’intégration d’un OS Google au sein de voitures automatisées donnent au final les prémisses d’un nouveau de « transport collectif individualisé ». Merci au passage à Stéphane Schultz d’alimenter cette réflexion.

Ce qui est certain, c’est que cette révolution des transports va s’accompagner d’un changement de mode de consommation des contenus touristiques. La géolocalisation et l’automatisation de la conduite se présentent également comme deux disruptions importantes dans la consommation des contenus.

Pour la géolocalisation, il n’y a plus grand chose à prouver. Les applications comme Google Place ou Booking NOW jouent sur cette géolocalisation pour fournir des adresses d’hôtels ou de restaurants. Les guides touristiques géolocalisés se sont également multipliés, on en a déjà présenté quelques-unes sur ce blog. Avoir accès à l’information touristique sur ce qu’il y a autour de soi n’est plus une révolution depuis 2 ans. Pouvoir s’y rendre en 2 clics, c’est autre chose. En effet, coupler un city-guide avec un système de voiture – automatisée ou non – à la demande est un usage révolutionnaire. Un touriste arrivant en gare de Rome peut très bien consulter son guide touristique, décider de commencer sa visite de la ville par la Basilique Saint-Pierre et commander d’un seul clic sa voiture pour l’emmener sur place. Finalement, rien de très fou.

Inside a self  driving car
La voiture sans chauffeur ouvre plus de possibilités. En libérant l’utilisateur de la conduite, la Google ou l’Uber Car rend au chauffeur du temps disponible pour la consultation de contenus touristiques. Les expérimentations d’une start-up comme Waynote, sorte de guide touristique des autoroutes, prennent tout leur sens.

On revient sur des usages propres aux transports en commun, notamment les city-bus. Cette application qui a permis de commander sa voiture à la gare devient, le temps du trajet, un véritable guide touristique personnalisé qui vous fait découvrir les points d’attraction qui jalonne votre parcours. Tel monument, tel restaurant peut alors être décrit, commenté, le long de votre trajet. Le guide, encapsulé dans votre smartphone, est bien entendu personnalisé en fonction de vos goûts et affinités en matière de voyage… On sait déjà qu’on pourra localiser facilement hôtels et restaurants depuis les applicatifs automobiles, cette fonction s’applique déjà au guide de voyage qu’on imagine ici.

Headup Display
Pour ajouter un petit côté science-fiction à tout ça, on ajoute un petit coup de réalité augmentée au concept. Pourquoi s’embêter à utiliser le minuscule écran d’un smartphone quand l’OS du véhicule emprunté peut se synchroniser avec ce smartphone et utiliser les vitres de la voiture comme écrans ? Ou comme appareil photo ?

On parle là d’un city-break à Rome, l’évolution des technologies permet d’imaginer ce type de scénario même si votre véhicule est « équipé » d’un chauffeur. Mais l’avantage de la voiture entièrement automatisée est sans doute la centralisation de l’information de trafic et la capacité du futur système à soit optimiser automatiquement son trajet en fonction des travaux et de la circulation, mais également des points d’intérêt des passagers. Si l’OS de la voiture sait que vous êtes fans de culture, il vous fera passer par le Colisée et le forum romain. Oui, un city-bus personnalisé.

Dans ce scénario, où est le contenu ?
Le contenu, c’est l’ensemble de l’information enrichie qui permet au touriste et au véhicule de personnaliser un trajet. La fiabilité du scénario tient à la fiabilité de l’information touristique disponible… On ne parle plus ici de contenu de séduction, même si ce dernier reste crucial à d’autres étapes du parcours client, notamment dans le choix de la destination. Mais de contenu structuré et qualifié autour de thématiques et de rapprochements sémantiques fiables. C’est par essence le rôle d’un Système d’Information Touristique chez les institutionnels. Mais c’est surtout ce que Google est en train de mettre en place via le Knowledge Graph et la sémantisation du contenu touristique dont on a vu les premiers impacts dans les pages de résultat de recherche en avril dernier.

Donc : une application de géolocalisation et d’information sur les transports urbains, un OS équipant de nombreux véhicules, parfois automatisés, des informations sur les habitudes de consommation des touristes permettant un fort niveau de personnalisation et enfin un contenu touristique encyclopédique et qualifié
Autant de briques que Google possède déjà pour ce futur voyage connecté…

A propos François Houste 418 Articles
Ange Gardien Numérique Ancien journaliste et chef de produit en hébergement digital. Aujourd'hui Directeur Conseil au sein d'une agence marketing. François travaille avec ses clients à mieux appréhender la révolution numérique et son impact sur le quotidien. Technophile, enthousiaste, nourri de web, de fun et de musique.
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