22 août 2017

Le mariage de raison de l’hôtellerie et de l’économie du partage

L’hôtellerie serait-elle en train de consommer un mariage de raison avec le secteur de l’économie collaborative ? Non pas que la concurrence n’existe plus entre ces deux secteurs, mais plutôt que chacun des acteurs assume finalement que leur croissance respective passera forcément par une croissance commune. Décryptage.

AccorHotels et la rentabilisation des parking.

Le géant français de l’hôtellerie ne s’est pas caché de son envie de fréquenter des start-ups. L’innovation digitale est inscrite dans son plan de développement de novembre dernier et le rachat de l’assistant de voyage Wipolo a été un signal extrêmement fort pour le secteur. Depuis AccorHôtels a multiplié les initiatives sur le digital et l’économie du partage. Et deux d’entre elles méritent l’attention.

OnePark
La première date du début du mois de juillet. Le groupe AccorHôtels s’est associé avec la start-up OnePark, spécialisée dans le partage de place de parking. La start-up met en effet à disposition, contre rémunération, les places de parking inutilisées des particuliers. Un modèle qui a inspiré de nombreuses plateformes de l’économie collaborative.
L’idée est donc simple : pour Accor il s’agit de rentabiliser les parkings de certains de ses établissements. Les parkings d’hôtels sont rarement complets, il s’agit donc d’une source de bénéfices supplémentaires pour l’établissement. Surtout à Paris où les places sont chères. Pour OnePark, le bénéfice est simple : un nouvel inventaire disponible pour une offre déjà établie.

Le second partenariat est plus étonnant et a été signé en tout début de semaine avec TravelerCar. Toujours sur le secteur automobile, TravelerCar loue les voitures des particuliers pendant leurs voyages, principalement en aéroport ou en gare. Le modèle est simplement dupliqué à l’hôtellerie : un séjour pendant lequel votre véhicule vous servira très peu ? TravelerCar propose très simplement de mettre celui-ci à disposition d’autres utilisateurs comme rémunération. La « base physique » de location est alors le parking de l’hôtel.

Hyatt ouvre sa clientèle avec OneFineStay

Mais c’est du côté de Londres qu’il faut aller pour voir l’évènement le plus improbable : l’association d’un hôtelier et d’un loueur d’appartement. Le groupe américain Hyatt teste en effet un nouveau type d’offre au sein de certains de ses établissements.

Les utilisateurs du service OneFineStay – clone d’Airbnb spécialisé sur les appartements urbains très hauts-de-gamme, à l’image d’un The Collectionnist en France – ont en effet la possibilité de profiter de certaines commodités des établissements Hyatt le temps que leur appartement soit disponible.

OneFineStay
Imaginez. Pour tirer le meilleur prix possible, vous avez réservez un vol de nuit entre New-York et Londres et atterrissez à Heathrow à 6h du matin. Seulement voilà, le superbe appartement de Mayfair que vous avez trouvé sur OneFineStay ne sera disponible qu’à 17h. Que faire ?
Hyatt propose très simplement d’utiliser quelques-uns de ses services en attendant : prendre une douche, faire une petit sieste, laisser vos bagages à l’hôtel le temps d’une première sortie au musée ou en shopping. Autant de services qui rendent votre premier jour plus agréables. A 17h, vous pourrez récupérer vos affaires auprès de l’hôtel et prendre possession le plus naturellement de votre appartement.

Hyatt ne cherche pas à récupérer des nuits supplémentaires – il n’y parviendrait pas face aux produits OneFineStay, soyons honnêtes – mais plutôt à marquer les esprits. Aux clients déjà consommateurs de la marque, il propose de la fidélité. Aux non-connaisseurs, il propose mieux encore : goûter à l’excellence du service et gager qu’à l’occasion d’un prochain voyage professionnel ceux-ci réserveront une nuitée chez Hyatt. L’hôtelier n’a rien à perdre dans cette offre. Strictement rien.

Une ouverture des relations diplomatiques ?

En fait, les barrières sont en train de se lever entre deux mondes : celui de l’hôtellerie et celui de l’économie collaborative. La plupart des grands acteurs de l’hospitality sont d’ailleurs prêts à comprendre que Airbnb n’est que le reflet d’un changement d’usage chez les internautes et qu’il allait bien falloir composer avec. Le locataire d’un Airbnb pendant son citybreak peut très bien être un gros consommateur d’hôtels sur le plan professionnel, et certains établissements gagnent à proposer des offres qui complètent un séjour en appartement. Les usages diffèrent souvent en fonction des occasions.

On a longtemps prêté à Marriott des velléités d’association avec Airbnb, jusqu’à ce que ses hôteliers crient à la trahison. C’est finalement Hyatt qui aura franchi le pas le premier dans son association à OneFineStay. Une preuve flagrante que ces deux mondes peuvent s’entendre !

A propos François Houste 418 Articles
Ange Gardien Numérique Ancien journaliste et chef de produit en hébergement digital. Aujourd'hui Directeur Conseil au sein d'une agence marketing. François travaille avec ses clients à mieux appréhender la révolution numérique et son impact sur le quotidien. Technophile, enthousiaste, nourri de web, de fun et de musique.

1 Comment

  1. Article très intéressant !

    Attention cependant, petite coquille qui peut dérouter le lecteur : les places de parking inutilisées des « hôtels aux » * particuliers.

Les commentaires sont fermés.

Faire réfléchir, plutôt que faire réagir...