27 avril 2017

RoadTrip, un retour en grâce du tourisme automobile ?

Ça y est ! On remarkete de l’automobile pour vendre du voyage. Après des années de préoccupations écologistes et de crise économique, on revend du rêve à coup de chevaux fiscaux pour faire voyager les plus récalcitrant. Le RoadTrip reviendrait presque à la mode.
Au delà des voitures de collection et des escapades en Bentley de l’hôtel Prince-de-Galles à Paris, plusieurs initiatives ont pris forme ces derniers mois pour revaloriser un certain tourisme itinérant, ou tout du moins remettre en avant paysages et plaisirs de conduire dans l’offre touristique. On explore ?

Avis et ses routes d’exception

Première illustration avec le loueur de voiture Avis qui a décidé de promouvoir ses services en fin d’été avec un jeu concours. On pourrait simplement y gagner sa prochaine location aéroport-centre ville, mais Avis a décidé de faire plus fun que ça. Le concours proposé liste les plus « belles » routes du monde : routes de montagne aux paysages vertigineux, corniches côtières sinueuses, lacets à profusion… et propose de gagner location de voiture et nuitées hôtelières sur 7 jours pour profiter de l’une d’entre elles.

ETFS - 201508 - RoadTrip AvisBestRoad
Le concours en lui-même n’a pas grand chose d’original, mais la thématique du prix peut séduire de nombreux fans d’automobiles qui sont le coeur de cible d’Avis. Une façon maline également de contrer un Sixt qui mise souvent sur des voitures d’exception – Maserati, Jaguar – pour assurer des promotions coup-de-poing sur son catalogue. Bref, sympa.

Le Canton de Vaud et son « grand tour »

En parlant de routes de montagne, direction la Suisse. Le site MyVaudTrip, et plus généralement tous les sites de présentation du Grand tour de Suisse valent le coup d’oeil.

ETFS - 201508 - RoadTrip Grand Tour
La manière d’y présenter l’information touristique, pourtant issue d’un SIT comme pour tout institutionnel, est assez remarquable puisqu’elle se base sur différents itinéraires routiers. Fini les catégories Patrimoine, Activités… les pages de liste du site décrivent en fait un itinéraire complet de quelques kilomètres et présentent dans l’ordre les points d’attraction qui le jalonnent.
Un soin particulier est pris à présenter les ressources naturels, points de vue, panorama… et à fournir une information pratique sur le temps de parcours et la cartographie des lieux. Le site peut d’ailleurs très facilement servir de carte routière et être activé sur son mobile ou sa tablette pendant le parcours.

On regrettera le manque d’entrée thématique qui fait de MyVaudTrip un site mono-usage, mais reconnaissons que l’ergononie et l’usage sont admirables !

Planet Ride, Easyrider en package

ETFS - 201508 - RoadTrip PlanetRide
Dernier exemple de la recrudescence des offres motorisées : Planet Ride. La start-up fondée en Rhône-Alpes s’est spécialisée dans l’organisation de road-trips motorisés dans le monde. A la manière d’un Tour Operator classique, Planet Ride organise votre transfert à destination, l’assistance sur la moto ou voiture à destination, réserve les hôtels sur votre trajet et booke votre retour. Entre les deux, vous n’avez qu’à profiter de la route et des escales retenues. Devenez simplement Rider.

Ce type d’offres a bien entendu toujours existé et l’automobile a longtemps été l’épine dorsale du voyage. Qui se penche sur un guide bleu des années 1930 verra bien que la majorité de l’information qui y est présentée est organisée en fonction des voies de chemin de faire et des routes carrossables. Plus récemment, Offices et Comités de tourisme ont fait de nombreux efforts pour séduire une clientèle fan de moto et de route sinueuse. Une région comme l’Auvergne allant jusqu’à leur offrir un portail dédié.

Le re-développement du tourisme automobile est peut-être aussi symptomatique de l’évolution des demandes des voyageurs : plus de personnalisation et d’expérience en un seul voyage, et donc plus volontiers une itinérance. On ne parlera pas encore de tendance de fond, mais il y a des offres et des opérations marketing intéressante à observer. Let’s go !

A propos François Houste 418 Articles
Ange Gardien Numérique Ancien journaliste et chef de produit en hébergement digital. Aujourd'hui Directeur Conseil au sein d'une agence marketing. François travaille avec ses clients à mieux appréhender la révolution numérique et son impact sur le quotidien. Technophile, enthousiaste, nourri de web, de fun et de musique.

4 Comments

  1. « Après des années de préoccupations écologistes et de crise économique »… A vous lire, on croirait que ces préoccupations ont pris fin ? L’industrie touristique est depuis longtemps revenue sur l’association « voyage-plaisir-bagnole » pour d’évidentes raisons : contre-productive, la voiture détruit les paysages vendus par le tourisme. Tout est beau, depuis son habitacle climatisé… oui, mais vu de l’extérieur ? L’éviction de Dresde de la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, suite à la construction d’une autoroute, en témoigne : http://www.ibtimes.com/dresden-bridge-got-city-booted-unesco-world-heritage-list-opens-1398351 Sans compter les questions de pollution, les dégâts écologiques des tracés (fragmentation des écosystèmes), l’impact sur la santé de la sédentarité, l’encombrement des centres-historiques… Non, l’association de la voiture au plaisir, au loisir et à la découverte est malsaine, sinon parfaitement ridicule.

    • La phrase est provocatrice et péremptoire. C’est vrai, je m’en aperçoit mieux à la relecture… Et le préoccupation écologique est bien entendu toujours en tête des acteurs du voyage. ‘est évident.
      Mais l’association Voiture – Plaisir – Voyage reste réelle pour les consommateurs, c’est peut-être aussi l’un des freins à la voiture autonome. Et il sera difficile de s’en défaire et d’arrêter d’assurer cette promotion pour certains types de TO. Voitures hybrides et électriques arriveront, comme elles sont déjà proposées par certains hôtels de luxe en Asie (le Peninsula de Hong-Kong notamment). Le réconciliation écologie/roadtrip viendra de là. Mais cela prendra encore du temps !

  2. Voiture électrique ou pas, la voiture et ses infrastructures seront toujours destructrices de la principale ressource du tourisme : le paysage. Il serait dangereux de chercher à relancer un secteur périmé depuis la fin des années 80… là où d’autres formules comme le cyclotourisme en itinérance, boosté par le développement du vélo électrique, ou encore les croisières fluviales font preuve d’une bien meilleure rentabilité, pour un coût accessible à tous et un impact écologique positif. Par ailleurs, au delà des dégâts environnementaux, c’est bel et bien l’association « plaisir-voiture » qui est carrément malsaine : on parle quand même d’un truc qui tue plus de 3300 personnes chaque année (rien qu’en France) ; c’est presque 100 fois plus que le nombre annuel de condamnés à morts aux États-Unis… *Juste pour le rappel…*

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