25 juin 2017

#Startup : PiggyBee, la plateforme collaborative du souvenir de vacances

La start-up qu’on va mettre en avant aujourd’hui s’intéresse aux à-côtés du voyage. Il ne s’agit pas ici de trouver les meilleurs prix ou d’avoir accès à des logements insolites… mais bel et bien d’économie collaborative et de disruption de la livraison. PiggyBee propose de profiter du voyage des autres pour faire ses emplettes.

ETFS - 201602 - PiggyBee Home
Le principe de PiggyBee est des plus simples et en plein dans les bonnes pratiques de l’économie collaborative. Il joue sur la mise en relation de deux besoins, ou plutôt de deux opportunités. D’un côté, un voyageur qui a prévu de passer une semaine à Singapour ou au Japon dans le mois qui vient, et de l’autre un « client » qui cherche à acheter un souvenir ou un bien qui ne se trouve qu’à Singapour mais qui veut éviter de payer des frais de port exhorbitants. PiggyBee va se charger de la mise en relation de ces deux personnes et va permettre à l’acheteur d’utiliser la valise du voyageur et de se faire livrer par un particulier.
Et bien entendu ce qui fonctionne entre Paris et Singapour peut très bien s’adapter à une boîte de cannelés en provenance de Bordeaux ou des gaufres lilloises. Ce qui compte ici, c’est que la fonction de livraison est désormais assurée par un particulier – sur le mode collaboratif.

C’est que le secteur de la livraison est en eeffervescence depuis bientôt un an. On avait parlé ici même de la disruption de la restauration et de la folie de la livraison de repas à domicile… le mouvement est plus profond que cela.

Ainsi, la livraison par l’intermédiaire d’humains – en dehors des services de messagerie traditionnelle – est en train d’exploser aux Etats-Unis. Uber a bien lancé Uber RUSH à New-York à l’automne dernier, proposant à n’importe quel petit commerçant qu’un chauffeur Uber devienne pour lui un instrument de livraison. Le service s’affranchit ainsi des délais postaux, le chauffeur pouvant très bien assurer la livraison en parallèle d’une course et distribuer le bien demandé en à peine une heure !
Dans la même veine, Amazon testent plusieurs modèles de livraison alternatifs dont la livraison directe dans le coffre de la voiture de ses clients, ou l’utilisation de ses réseaux de clients comme livreur pour des tiers. Encore une fois, l’idée du service est de s’affranchir à la fois des frais et des délais des services de messagerie traditionnels

Et puis, il y a les drones qui vont bien entendu révolutionner la livraison de biens de consommation courants, sur de courtes distances, dans les années qui viennent… Amazon et Google les testent déjà à grande échelle, depuis 2 ans environs…

Voilà, le monde de la livraison est en ébullition, à la fois d’un point de vue des technologies mais également des usages. Et le développement d’une plateforme comme PiggyBee va bien dans le sens de l’évolution de ce marché : affranchissement de la dépendances aux messageries, meilleure flexibilité de services et surtout économie sur les frais de port !

Pour mieux présenter PiggyBee et son concept, on laisse la parole à David Vuylsteke, fondateur de la plateforme, qui explique toute la philosophie derrière celle-ci !

eTourisme Feng Shui : Comment est née l’idée de PiggyBee ?
David Vuylsteke : D’un retour de voyage en Afrique du Sud, le pot d’une super crème que j’avais acheté sur place a fini par être vide. J’ai voulu me réapprovisionner mais personne dans mon entourage ne faisait le voyage à ce moment là. J’ai trouvé ça ridicule quand j’ai pensé à ces milliers de personnes qui transitaient par nos aéroports tous les jours. PiggyBee a vu le jour en 2012 et reste vraisemblablement précurseur à ce jour.

eTFS : Comment décririez-vous votre concept en 3 points ?
DV : Les personnes qui souhaitent recevoir (ou envoyer un objet) publient leur demandes sur le site. D’autre part, les personnes qui se déplacent partagent leurs voyages.
PiggyBee met ensuite en relation les demandeurs avec les voyageurs selon que les points d‘origines et d’arrivées correspondent.

eTFS : Y’a-t-il une cible d’usage bien définie pour votre service ?
DV : Bien que PiggyBee ait une vocation internationale (ou “cross-border”), nous avons actuellement une grande traction sur des demandes et trajets en France. J’explique cela par le manque d’une offre de transport à bas coût (et porte à porte) sur des longues distances, une adoption importante des services similaires tels airbnb ou le covoiturage et un certain sens du partage ou de la solidarité. Le plus gros frein à l’international est évidement la sécurité pour laquelle nous allons très prochainement apporter des améliorations notables à la plateforme.

eTFS : Comment se déroule concrètement la mise en relation et la transaction sur PiggyBee ?
Pour le moment, la mise en relation et toute la communication se fait par email. Nous laissons ensuite la négociation et les “petits arrangements” à la discrétion de nos demandeurs et voyageurs. Néanmoins, nous travaillons actuellement à renforcer la prise en charge de ces discussions, à la demande de nombreux utilisateurs qui préfèrent être accompagnés dans ces démarches (Pourboire à demander, gestion des paiements si un objet doit être acheté, …)

eTFS : On parle beaucoup des abus de l’économie collaborative, y’a-t-il des risques d’industrialisation sur votre service ?
DV : Je ne connais personne qui n’ait jamais ramené quelque chose pour un ami alors qu’il était en déplacement. Je ne vois donc pas de mal à optimiser ce processus en connectant un plus grand nombre. De là à prendre le boulot de transporteurs traditionnels qui occupent nos routes (et demandent une fortune en position de monopole…), je propose d’en reparler d’ici quelques années.

eTFS C’est quoi le modèle économique derrière tout ça ?
DV : L’idée de départ était de tester le service à l’échelle internationale. Au fil des 4 ans, nous avons établi des tendances tel qu’évoqué brièvement ci-dessus. Notre priorité actuelle est d’accroître la communauté d’utilisateurs, répondre à leurs demandes et améliorer le service. Un modèle de revenu (nécessaire pour assurer la pérennité de n’importe quel projet) sera ensuite mis en place. Les idées ne manquent pas : une gestion des paiements sur le site, un abonnement, une mise en avant des publications ou encore, une commission sur des services complémentaires tels une assurance, des points de dépôt ou encore une livraison sur le dernier kilomètre.

eTFS : Quelles sont les prochaines étapes de développement ?
DV : Nous venons de terminer le développement d’un algorithme (plus) poussé de mise en relation (basé sur la géolocalisation, les villes et pays d’origine et de destination des demandes et voyages, les étapes éventuelles, …) Nous sommes occupés à mettre en place des profils de confiance et quelques petits bonus tel le partage de publications sur les réseaux sociaux. En parallèle, nous travaillons activement au recrutement de voyageurs (=qui souhaitent amortir leurs trajets) sur des routes définies, le tout en vue de répondre aux nombreuses demandes. Je peux citer Paris<>Lyon ou Paris<>Bordeaux sur la France.

A propos François Houste 418 Articles
Ange Gardien Numérique Ancien journaliste et chef de produit en hébergement digital. Aujourd'hui Directeur Conseil au sein d'une agence marketing. François travaille avec ses clients à mieux appréhender la révolution numérique et son impact sur le quotidien. Technophile, enthousiaste, nourri de web, de fun et de musique.
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